Muriel Moreno aujourd’hui : la nouvelle vie discrète de la voix de Niagara

La dissolution de Niagara en 1993 n’a pas marqué la fin du parcours artistique de Muriel Moreno. Contrairement à la plupart des chanteuses pop des années 80, elle a choisi de s’éloigner de la scène médiatique tout en poursuivant une exploration musicale personnelle.

Depuis plus de vingt ans, Muriel Moreno trace sa route à l’abri du tumulte, investissant la musique électronique et la création sonore contemporaine. Elle multiplie les projets, souvent loin des projecteurs, mais reste une influence persistante pour ceux et celles qui scrutent les évolutions de la pop française.

De Niagara à aujourd’hui : le parcours singulier de Muriel Moreno

Impossible de résumer le parcours de Muriel Moreno à quelques tubes rétro. Dès ses débuts avec Niagara, elle s’impose comme une figure atypique, refusant les moules prédéfinis. Née Muriel Laporte, elle s’essaie d’abord avec Ombre, un groupe fondé avec le guitariste José Tamarin. C’est sa rencontre avec Daniel Chenevez qui va changer la donne. Ensemble, ils créent Niagara, nom inspiré d’un film d’Henry Hathaway avec Marilyn Monroe en vedette. Ce clin d’œil cinématographique traduit déjà une envie de casser les codes, de mêler la pop à des élans dramatiques, électriques, sensuels.

Leur premier carton, ‘Amour à la plage’, fait irruption au cœur des années 80 et redéfinit ce que peut être une chanson pop en France. D’autres titres suivront : ‘Soleil d’hiver’, ‘L’amour n’est pas à vendre’… La voix de Moreno capte et bouscule, se fait entendre sur scène et sur disque, jusqu’à faire de Niagara une référence pour toute une génération.

Quand le duo se sépare en 1993, Muriel Moreno refuse de s’enfermer dans la nostalgie. Elle se lance dans une exploration musicale qui tranche radicalement avec ses débuts. Finis les refrains calibrés, elle cherche ailleurs, s’immerge dans l’électronique, expérimente de nouvelles formes, de nouveaux sons. Les apparitions médiatiques se font rares, mais la démarche, elle, reste intacte : une fidélité à la création, envers et contre tout.

Si la scène française n’oublie pas son timbre ni son énergie, Moreno, de son côté, cultive le retrait. Elle reste à l’écart de la lumière, mais ne cesse jamais de composer et d’inventer.

Que devient la voix emblématique du duo ? Projets récents et vie loin des projecteurs

Les années ont passé, mais Muriel Moreno aujourd’hui se tient toujours à distance du vacarme médiatique. L’ancienne chanteuse du groupe Niagara a choisi de s’effacer du radar, évitant plateaux télé et commémorations nostalgiques. Elle ne s’affiche plus dans les festivals, ni sur la scène des reconstitutions. Sa trajectoire, elle la dessine dans l’ombre, à sa manière.

Pour donner un aperçu de cette discrétion féconde, voici quelques repères sur ses activités récentes :

  • Deux albums solo publiés en marge des réseaux traditionnels : ‘Surviving Day’ et ‘Required Elements’, où l’électronique domine, loin du rock flamboyant de Niagara.
  • Des créations musicales et des collaborations ponctuelles, parfois en France, parfois à l’étranger, notamment à Los Angeles ou New York.

La scène, Moreno ne la fuit pas, mais elle ne la cherche plus. Quelques apparitions, choisies, parfois confidentielles, témoignent de cette liberté retrouvée.

Quant à sa vie privée, elle reste un espace inviolable. Aucune trace sur les réseaux sociaux, aucun déballage. Ce silence n’est pas un hasard : il ressemble à une forme de résistance face à l’obsession moderne de tout exhiber. Pas de tournée planifiée, aucun projet de retrouver Daniel Chenevez sur scène. L’ancienne voix phare du duo avance à son rythme, sans compromis, fidèle à ses convictions artistiques et à son goût du retrait.

Au bout du compte, Muriel Moreno poursuit sa route hors des itinéraires balisés. Une trajectoire à part, comme un fil discret qui relie l’ombre à la lumière, sans jamais céder à la facilité du retour en arrière. L’histoire continue, loin du bruit, mais toujours habitée par ce feu singulier qui l’a révélée.

D'autres articles