Création du PLU : Quelle loi l’a instauré en France ?

1999 : le Plan d’Occupation des Sols tire sa révérence, relégué au rang de souvenir administratif. En moins d’un an, le Plan Local d’Urbanisme s’impose, réinventant la manière dont les communes façonnent leur territoire. À l’origine de ce changement, la loi sur la Solidarité et le Renouvellement Urbains, un texte qui ne s’est pas contenté de rajeunir l’appellation mais qui a bouleversé l’équilibre des règles du jeu pour toutes les collectivités françaises.

La mue ne s’arrête pas là. Vient la loi ALUR (2014), puis la loi ELAN (2018). À chaque étape, le PLU gagne en poids, en subtilité et en leviers d’action. Les collectivités se voient offrir de nouveaux outils pour planifier, coordonner, protéger. Ce n’est pas seulement une question de texte : c’est une révolution dans la façon dont on pense la ville, la campagne et les espaces qui s’étendent entre les deux.

Le plan local d’urbanisme : un outil clé pour aménager le territoire

Le plan local d’urbanisme est aujourd’hui le pivot de l’aménagement du territoire, que ce soit dans les quartiers urbains, les villages ou les grandes zones naturelles. Ce document, pensé comme un socle évolutif, rassemble plusieurs volets : rapport de présentation, projet d’aménagement et de développement durable, orientations d’aménagement et de programmation, règlement. Ensemble, ils dessinent un cadre pour organiser la construction, sauvegarder les terres agricoles ou forestières, accompagner l’évolution des quartiers.

Le PLU pose les règles d’urbanisme : il trace la marche à suivre pour les projets de construction, veille à la compatibilité avec le schéma de cohérence territoriale (SCoT) et accompagne l’adaptation progressive du territoire. Le zoning est son langage : zones urbaines, à urbaniser, agricoles, naturelles, avec pour chacune des prescriptions nettes sur la densité, la hauteur des constructions, les droits à bâtir. Ce découpage contrôle la croissance, défend l’équilibre environnemental et social, tout en ajustant la qualité de vie au plus près des besoins locaux.

Au niveau intercommunal, place au plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Ici, des communes mènent un projet collectif : mobilité, logement, dynamisation économique, espaces naturels agricoles, gestion des ZAC. Ce n’est plus une juxtaposition de diagnostics, mais une image cohérente du territoire, forgeant des choix partagés pour tout un bassin de vie.

Les réformes ont introduit des exigences nouvelles : sobriété de la consommation foncière, lutte contre l’artificialisation des sols, adaptation au climat, missions de transition écologique. Les collectivités n’ont pas la partie facile : chaque choix doit désormais être justifié, documenté et aligné sur des objectifs de développement durable. Les orientations d’aménagement et de programmation sont devenues incontournables et servent de boussole, avec des jalons précis et des résultats attendus. L’urbanisme ne se contente plus d’organiser le sol, il répond à la pression du présent et regarde à long terme.

Quelle loi a instauré le PLU en France et dans quel contexte ?

Créer un plan local d’urbanisme, c’est opérer un véritable tournant politique local. Le 13 décembre 2000, la loi Solidarité et Renouvellement Urbains (loi SRU) refond le code de l’urbanisme et chasse les anciens Plans d’Occupation des Sols, en installant un outil calibré pour les défis actuels.

Pourquoi un tel changement ? À ce moment-là, la France fait face à une urbanisation rapide, au grignotage progressif des campagnes et à une urgence sociale, celle de la mixité et de la cohésion locale. L’État cherche à donner aux élus un outil urbanistique capable d’encadrer l’expansion, tout en ménageant les paysages et l’environnement. La loi SRU érige le PLU en pilier : c’est à chaque commune de l’adopter, de s’en emparer, pour planifier l’avenir sous le signe du développement durable et de la solidarité.

Depuis, le code de l’urbanisme impose aux communes de se doter d’un PLU pour tout projet d’envergure. Ce cadre, même revisité par d’autres lois (engagement national pour l’environnement, puis ALUR), garde sa fonction structurante. Le PLU est né d’une triple exigence : gérer les enjeux sociaux, respecter l’environnement et donner un cap économique rationnel à la collectivité.

Les grandes missions et caractéristiques du PLU aujourd’hui

Le plan local d’urbanisme est le socle de la politique d’aménagement française. Il naît à l’échelle de la commune ou de l’intercommunalité pour façonner autant la ville que la campagne. Résultat : une vision collective du territoire, nuancée, qui cherche l’équilibre entre dynamique urbaine et préservation.

Voici les grandes fonctions que doit remplir le PLU :

  • Définir les règles d’utilisation des sols : hauteur des constructions, densité, localisation des équipements publics, etc.
  • Identifier les zones constructibles, agricoles ou naturelles, avec une stratégie inscrite dans une logique de développement durable.
  • Poser un cadre aux projets d’aménagement, publics comme privés.
  • Programmer le développement futur, notamment à travers les fameuses orientations d’aménagement et de programmation (OAP).

Le PLU s’articule en plusieurs parties : rapport de présentation, diagnostic, projet d’aménagement et de développement durable (PADD), plans de zonage, règlement. Chaque pièce précise ce qui est permis ou non, secteur par secteur. Certaines lois récentes offrent une marge d’ajustement, permettant à la commune de s’écarter de la règle pour faciliter la transition écologique, aménager la densité ou tenir compte de particularités locales.

Modifier ou réviser un PLU ne se fait pas du jour au lendemain. Une procédure stricte doit être respectée : association de la population, enquête publique approfondie, décision du conseil municipal ou de l’EPCI compétent. Le but ? Garantir que la vision locale s’accorde avec les cadres nationaux, tout en préservant la cohérence et la qualité de vie.

Jeune femme regardant brochures du PLU en ville

Comprendre les évolutions récentes : de la loi SRU à la loi ELAN

Le plan local d’urbanisme a évolué au fil des grandes lois qui ont marqué le paysage français. La loi SRU (2000) rebat les cartes, élimine le plan d’occupation des sols, insuffle la dimension du développement durable et impose la mixité sociale. Le code de l’urbanisme se transforme alors en profondeur, pour offrir à la planification urbaine un cadre plus collaboratif et mieux adapté aux réalités locales.

Le corpus législatif a continué de bouger. La loi ALUR (2014) met un coup d’accélérateur à l’intercommunalité : le PLUi (plan local d’urbanisme intercommunal) devient la référence pour mutualiser les stratégies et construire un projet à l’échelle du bassin de vie. Les EPCI voient leur rôle renforcé, la cohérence avec les schémas de cohérence territoriale est placée au centre des préoccupations. Les politiques publiques s’imbriquent, du local au régional.

Puis la loi ELAN (2018) poursuit le mouvement : elle épure et rend plus souple la procédure de révision du PLU, encourage la densité dans les centres, favorise la production de logements et repense les outils pour mieux répondre aux défis climatiques. Le plan local d’urbanisme ne cesse de gagner en maturité, en adaptabilité et en exigence. Face à la diversité des territoires, il reste l’instrument privilégié pour dessiner collectivement l’avenir de chaque coin de France. La ville de demain se construit désormais à cette échelle, dans chaque décision prise sur le terrain.

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